Compte rendu du séjour au Sénégal du 26 /03 au 12/04 2014
Article mis en ligne le 1er mai 2014
dernière modification le 26 novembre 2018

par Françoise de Billy, Kader Abdoulaye

Cette année encore, la majeure partie du Niger est située en zone rouge et le ministère des affaires étrangères déconseille formellement aux ressortissants français de s’y rendre. Convaincus de l’importance des rencontres annuelles entre les deux associations ; A.D.T.N (aide au développement Takolt n’Akarass Niger) et
Takolt n’Akarass, Agir pour l’Aïr France, Kader et moi avons choisis d’aller au Sénégal.
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Pourquoi cette destination, Dakar est à environ 2700 km d’Agadez ? Monsieur Pierre François Prét , responsable à l’international des projets de maraîchages agroécologiques de « Terre et Humanisme » nous avait conseillé de prendre contact avec l’association AFAFA (aides aux forces vives africaines par la formation à l’agroécologie) situé à Ndiémane. Ce village, dans la région de M’Bour est à 110 km au Sud de Dakar.

L’expérience et la vocation de ce centre de formation et d’expérimentation des pratiques écologiques, ne pouvaient être qu’enrichissantes et porteuses pour l’avenir notamment pour le projet éducatif pilote en cours avec l’école d’Abalama située dans une région où l’élevage est la principale ressource. (Une subvention de 3500 euros a été versée par Terre et Humanisme pour soutenir le projet d’Abalama.) .

Le lendemain de notre arrivée à Dakar, nous sommes partis à M’Bour où Monsieur Youssou Sarr, coordinateur du centre, nous attendait pour nous accompagner à Ndiemane. Après une heure de route goudronnée, on a emprunté une piste de 6km qui dessert le village accessible à pieds, en moto, ou en charrette à ânes. ..

Bien que le sol de nature argileuse de cette région soit bien différent de celui d’Abalama qui est sablonneux ; la tomate, l’oignon, le piment, les salades, l’aubergine sont cultivées dans ces deux régions ainsi que les pépinières d’arbres fruitiers et arbres de la région en respect des ressources naturelles (eau et bois) Nous y sommes restés une petite semaine. En participant aux activités de jardinage, nous avons pu échanger au sujet des techniques utilisées au Sénégal et au Niger. L’arrosage des 3 hectares du jardin de Ndiemane occupe trois à quatre personnes quatre heures au minimum par jour et est très consommatrice de temps.

L’eau extraite du puits par un système de corde à nœuds et de poulie en métal alimente deux bassins
situés de part et d’autre du jardin, les arrosoirs sont ensuite utilisés.Kader parle des techniques d’exhaure et de la traction animale utilisées dans son pays , moins
consommatrice de temps et moins fatiguante et propose d’installer un goutte à goutte. Une fois la proposition acceptée, nous avons acheté des tuyaux et Kader met en place le goutte à goutte pour l’arrosage d’une zone du jardin, des achats de tuyaux sont prévus pour poursuivre le projet.JPEG
Kader conseille les agriculteurs du centre pour optimiser la production des oignons.
Les bulbes ne doivent pas sortir du sol, l’inflorescence pour la récolte des semences ainsi que les bulbes seront plus
développés. Nous allons chercher du sable à proximité du terrain pour recouvrir les bulbes.
En revanche, la charte de fonctionnement du centre , sa pépinière et sa vocation de
diffusion des pratiques agroécologiques ont fortement intéressés Kader, pour finir les échanges de savoir-faire entre ces deux associations ont été riches et bénéfiques.
Merci à toutes les personnes du centre pour le séjour et pour son accueil.

Il nous a fallu quitter car nous étions attendu à l’université de Dakar par un professeur en microbiologie du sol et par un chercheur, directrice au CNRS, qui travaille actuellement pour le projet de la grande muraille verte dans la zone sahélienne. Kader lui parle des jardins et des pépinières soutenus par l’association et de la formation aux techniques agroécologiques des élèves et des femmes d’Abalama. Faisant suite à cette discussion, cette femme accepte de conseiller Kader pour le choix des arbres à planter et d’aller sur place dès que cela lui sera possible. Elle nous parle du prix equator 2014 et nous incite à y participer.

De retour à Toulouse, j’ai envoyé la candidature de l’association plus spécifiquement pour « le projet de formation et accompagnement des habitants de la région d’Agadez aux pratiques agroécologiques pour une production maraîchère et pépinière soutenable et dynamisante pour l’activité socio-économique de cette région ». Les meilleurs candidats devraient recevoir 5000 dollars, cela me semble peu probable de faire partie de l’élite mais le projet a au moins le mérite d’être écrit et pourra être amélioré par la suite. Il ne nous restait plus que cinq jours avant notre départ dans nos pays respectifs pour aller et participer à la « 4° foire Ouest Africaine des semences paysannes à Djimini » petit village à proximité de Vélingara en Casamance. Plusieurs délégations paysannes des pays d’Afrique de l’ouest mais aussi de l’Inde et d’Europe y étaient présentes. Des conférences ont mis l’accent sur la biodiversité, les différentes variétés de céréales notamment de mil et de sorgho et l’utilisation de compost et de produits naturels phytosanitaires pour lutter contre les nuisibles et préserver les ressources naturelles. Ignorant cette manifestation avant notre arrivée à Ndiémane, kader et moi n’y étions pas inscrits.
Cependant notre association a été bien représentée par notre participation pour l’accueil des participants, la construction de latrines cimentées dans le village , la confection de seaux pour le transport de l’eau et aussi par une démonstration de la fabrication de la taguella « pain du désert » dont la pâte à base de mil et d’eau est cuite dans le sable sous les braises .
Pendant ce séjour, Kader et moi avons également fait le point concernant les projets en cours et notamment celui d’Abalama (voir le site de l’association Takolt nakarass). Ce projet avance, le terrain a été clôturé sur la plus grande partie et les plantes commencent à pousser, les femmes du village viennent également pour s’informer. De retour dans son pays, Kader doit aller à Abalama pour le suivi et poursuivre la formation. Un soutien pour le projet de formation de matrones serait également bien utile.





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